Destiny 2 : Retour en détails sur la séparation de Bungie et Activision


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On commence 2019 sur un tremblement de terre !

Entre l'affaire du crunch de RDR2, l'arrivée de l'Epic Games Store face à Steam ou la non présence de Sony au prochain E3, les choses changent dans l'industrie vidéo ludique et le dernier coup d'éclat, c'est bien sûr l'annonce de la séparation entre le studio Bungie et son éditeur Activision. Un événement que personne n'avait vu venir, puisque c'était plutôt la relation entre Blizzard et Acti qui était scrutée depuis quelques semaines, ainsi que les changements à la direction de l'entreprise.

Le message de Bungie posté sur leur site
Le message de Bungie posté sur leur site
Et de deux !

Ce n'est pas la première fois que Bungie fait le coup. En 2007, le studio avait déjà sabré le champagne pour fêter la fin de sa relation avec Microsoft et toutes les obligations qui allaient avec. Le studio avait moyennement apprécié que Microsoft confie leur création adorée entre les mains d'un autre studio (Ensemble Studios pour  le RTS Halo Wars) entre autres. Mais Bungie avait toujours besoin d'un éditeur puissant pour l'ambitieux projet qu'était Destiny et Activision a répondu à l'appel.

Bungie devra bosser avec Microsoft jusqu'en 2010, pour terminer Halo Reach
Bungie devra bosser avec Microsoft jusqu'en 2010, pour terminer Halo Reach
La tension

Mais dès le début et avant même la sortie du premier Destiny, la relation entre le studio et l'éditeur était déjà tendue. Selon le journaliste Jason Schreier de Kotaku, l'une des causes principales serait l'obligation de sortir du contenu chaque automne, que ça soit une expansion ou une suite, forçant Bungie a des deadlines que le studio aurait préféré choisir lui-même. Bien évidemment, il va falloir attendre que les langues se délient pour connaître toute l'histoire mais à travers communiqués et messages sur les réseaux sociaux, la séparation est cordiale.

Le sympathique tweet d'Activision
Le sympathique tweet d'Activision
Coup dur pour Acti

Activision est dans une situation difficile parce que contrairement à Microsoft qui a gardé les droits d'Halo, l'éditeur n'aura pas ceux de Destiny qui va être totalement sous le contrôle de Bungie, même si le jeu continuera à passer par Battle.net sur sa version PC. À l'heure actuelle, Acti va se reposer sur Call of Duty pour ses revenus et espérer que Sekiro perfome bien à sa sortie fin mars. L'autre problème, c'est que des studios appartenant à Activision qui travaillaient conjointement avec Bungie vont potentiellement se retrouver sans projet. Sur quoi High Moon et Vicarious Visions vont travailler ?

CoD va devenir encore plus l'élément économique vital d'Activision
CoD va devenir encore plus l'élément économique vital d'Activision
Et pour Bungie ?

Le studio a appris de ses erreurs avec Microsoft et récupère sa création, qu'elle va pouvoir modeler comme elle l'entend. Ça ne veut pas dire que Destiny 2 va forcément devenir un jeu absolument parfait, puisque blâmer l'éditeur comme seul responsable des problèmes qu'a connus (et que connaît encore) le jeu serait absurde. Mais on peut imaginer des mécaniques de jeu et updates réfléchies, loin du calendrier imposé par Activision. Ce qui est sûr, c'est que le studio n'a pas à s'en faire financièrement puisque le géant chinois NetEase a investi 100 millions de dollars, permettant au studio de développer une nouvelle licence encore secrète.

Déjà en collaboration avec Blizzard, le géant chinois n'a pas hésité à investir
Déjà en collaboration avec Blizzard, le géant chinois n'a pas hésité à investir
Le mot de la fin

Peut-être bien que c'est la meilleure chose qui pouvait arriver à Bungie. Il aura fallu deux relations tendues avec des éditeurs pour qu'il comprenne que la meilleure chose pour lui était d'être indépendant. Mais le studio va devoir faire des choses qu'il n'a jamais géré avant, de la communication à la distribution de son jeu en passant par le marketing. Le studio est-il capable d'auto-éditer ses créations ? La notoriété de Bungie n'est plus à faire et on est forcément curieux de voir comment il va s'en sortir.